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Corum de Montpellier fermé : les diagnostics à mener après les infiltrations

Fermé au public depuis le 5 octobre 2026, le Corum de Montpellier a subi d’importantes infiltrations lors des pluies du 30 septembre. Avant toute réouverture, l’origine des entrées d’eau devra être identifiée, les installations électriques sécurisées et le dispositif de sécurité incendie vérifié.

Illustration du métier de Etancheur
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Le Corum de Montpellier est fermé au public depuis le 5 octobre 2026, sans date de réouverture arrêtée. La ville a pris un arrêté de fermeture administrative après l’avis unanimement défavorable de la commission de sécurité. En cause : les dégâts provoqués par les pluies du 30 septembre, avec des infiltrations par la toiture et le quai de chargement.

La partie du bâtiment comprenant l’opéra Berlioz, d’une capacité de 2 000 places, a été la plus touchée. L’eau a circulé dans les escaliers, des éléments de faux plafond sont tombés et une partie du réseau électrique a été endommagée, tout comme le dispositif de sécurité incendie. Les salles Pasteur, qui compte 745 places, et Einstein, dotée de 318 places, ont également subi des dégâts, mais moins importants.

La programmation a dû être revue sans attendre. Les trois représentations de Carmina Burana prévues du 2 au 4 octobre ont été annulées, alors qu’environ 6 000 spectateurs étaient attendus. Les six manifestations programmées pendant la semaine du 5 octobre ont été transférées vers d’autres sites. Le concert d’Angélique Kidjo a rejoint l’opéra Comédie et un congrès professionnel consacré à l’immobilier a été déplacé au parc des expositions de Pérols. Les projections de la 48e édition de CinéMed, prévue du 16 au 24 octobre avec près de 200 films annoncés, doivent elles aussi être réorganisées dans d’autres salles.

Retrouver le chemin de l’eau

Une fois les accès condamnés, la première difficulté consiste à localiser précisément chaque entrée d’eau. La trace visible à l’intérieur ne se trouve pas nécessairement à la verticale de la fuite. L’eau peut suivre une pente, un joint, une gaine ou un élément de construction avant d’apparaître plusieurs mètres plus loin.

L’inspection doit donc porter sur l’ensemble des zones susceptibles d’avoir laissé passer ou accumulé l’eau : revêtement de toiture, relevés d’étanchéité, raccords, évacuations et pénétrations techniques. Au niveau du quai de chargement, l’examen concerne aussi les seuils, les joints, les pentes, les caniveaux et les points bas.

Le rôle de l’étancheur est de reconstituer ce cheminement et de déterminer si la défaillance est ponctuelle ou plus étendue. L’observation des surfaces et les relevés d’humidité permettent également d’évaluer la propagation de l’eau derrière les plafonds, les doublages ou les gaines. Refermer trop tôt masquerait des matériaux encore humides ou une infiltration toujours active.

Sécuriser le réseau électrique avant toute remise en service

Au Corum, le diagnostic d’étanchéité ne peut pas être dissocié du contrôle électrique. De l’eau a atteint une partie du réseau, ce qui impose d’identifier les circuits exposés et de les maintenir isolés tant que leur état n’a pas été vérifié. Un appareillage peut sembler sec en surface tout en conservant de l’humidité dans ses connexions ou son enveloppe.

L’intervention d’un électricien à Montpellier porte notamment sur les tableaux, les protections, les câbles, les boîtes de dérivation, les luminaires et les équipements alimentés situés dans les secteurs touchés. Les éléments détériorés doivent être écartés ou remplacés. Les autres ne peuvent être remis en service qu’après contrôle.

Dans une salle de spectacle, l’examen ne s’arrête pas aux prises et à l’éclairage courant. Les équipements techniques, les installations de scène et les dispositifs participant à la sécurité du public doivent aussi être pris en compte lorsqu’ils se trouvent dans les zones atteintes. Cette mise en sécurité d’une installation électrique doit précéder les travaux de finition. Remplacer un faux plafond avant d’avoir contrôlé les réseaux dissimulés derrière lui obligerait, au besoin, à rouvrir l’ouvrage.

Éviter l’aggravation des dégâts

Les réparations définitives demanderont des diagnostics coordonnés. Dans l’intervalle, des mesures conservatoires sont nécessaires pour empêcher une nouvelle entrée d’eau, protéger les intervenants et préserver les parties encore intactes. Les priorités peuvent être résumées ainsi :

  • interdire l’accès aux secteurs fragilisés, en particulier sous les faux plafonds déformés ou les éléments susceptibles de tomber ;
  • isoler les circuits électriques exposés et empêcher toute remise sous tension non maîtrisée ;
  • protéger provisoirement les points d’entrée lorsqu’une réparation durable ne peut pas être engagée immédiatement ;
  • évacuer l’eau résiduelle et organiser le séchage des matériaux accessibles ;
  • déposer les éléments trop dégradés s’ils présentent un risque ou empêchent l’examen des réseaux ;
  • consigner les zones atteintes pour suivre l’évolution de l’humidité et coordonner les différents métiers.

La chronologie est essentielle. Il faut d’abord sécuriser, puis arrêter l’arrivée d’eau et laisser sécher avant de contrôler les installations et de reprendre les plafonds ou les finitions. Sans cet ordre, une réparation visible peut dissimuler un défaut qui ne l’est pas encore.

Les contrôles qui conditionnent la réouverture

La réouverture du Corum dépendra de la possibilité de rendre certaines zones accessibles sans exposer le public. Cela suppose de distinguer les espaces pouvant être remis en état rapidement de ceux qui réclament des travaux plus lourds. L’étanchéité devra être rétablie, les éléments fragilisés traités et les installations électriques contrôlées. Le dispositif de sécurité incendie endommagé devra lui aussi être vérifié avant un nouvel accueil.

Christian Assaf, vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole et président du conseil d’administration de Montpellier Events, a indiqué que la collectivité travaillerait avec les pompiers et la préfecture sur une éventuelle réouverture partielle. Il espère voir de premières salles rouvrir sous un mois, puis d’autres parties du bâtiment à moyen et plus long terme. Cette perspective reste toutefois suspendue aux résultats des diagnostics et à l’ampleur des travaux.

La métropole doit par ailleurs présenter prochainement un projet global de rénovation du Corum. Dans l’immédiat, l’enjeu reste de vérifier chaque zone touchée sans confondre remise en état apparente et rétablissement effectif de la sécurité.

Les bons réflexes face à une infiltration

La même prudence s’impose dans un logement, un commerce ou une copropriété. Si l’eau s’approche d’un tableau, de prises ou d’appareils électriques, il ne faut pas les manipuler. Un plafond gonflé, fissuré ou déformé doit également conduire à tenir la zone à distance. Le percer est dangereux : de l’eau peut s’être accumulée au-dessus et des câbles peuvent se trouver derrière.

Lors du premier échange avec un artisan, mieux vaut préciser la date du sinistre, les pièces atteintes, l’évolution des traces et la proximité des équipements électriques. Des photographies prises pendant puis après la pluie peuvent aider à comprendre le parcours de l’eau. Il est également utile de signaler tout appareillage mouillé, même s’il semble encore fonctionner. Pour identifier les professionnels adaptés à chaque étape, l’annuaire des artisans permet d’orienter la recherche.

Écrit parLa rédaction de La Fabrique des Artisans

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