Le réseau d’eau potable du Gard Rhodanien affiche un rendement global de 68,6 %, contre une moyenne nationale de 82,7 % mentionnée par la chambre régionale des comptes d’Occitanie. Autrement dit, plus de trois litres sur dix prélevés et rendus potables sont perdus avant leur distribution aux consommateurs.
Le constat porte sur un service qui dessert 40 026 abonnés dans 44 communes, soit environ 76 500 habitants, notamment autour de Bagnols-sur-Cèze. L’agglomération exerce la compétence de l’eau potable depuis le 1er janvier 2020. Elle a alors repris des services auparavant répartis entre 21 gestionnaires, tandis que l’exploitation a été confiée à Veolia et Saur.
Publié le 19 octobre 2026, le rapport de la chambre régionale des comptes examine la gestion du service et de ses délégataires depuis 2019. Il relève que les objectifs contractuels concernant les fuites et la qualité de l’eau ne sont pas toujours respectés. Les opérateurs privés ont déjà versé près de 100 000 euros de pénalités.
Un réseau renouvelé au rythme de 0,8 % par an
Pour réduire durablement les pertes, il ne suffit pas de réparer les ruptures au fur et à mesure. Le renouvellement des conduites joue un rôle central. Or son rythme prévisionnel est fixé à 0,8 % par an dans le Gard Rhodanien, ce qui correspond à un cycle théorique de 125 ans entre deux renouvellements complets du réseau.
Cette cadence se heurte aussi aux capacités financières du service. Son autofinancement annuel moyen est évalué à 1,8 million d’euros, alors que les dépenses nécessaires sont estimées à 4,5 millions d’euros par an. L’écart réduit les possibilités d’intervention, malgré l’ampleur des pertes et les besoins liés aux canalisations.
Ces difficultés concernent les ouvrages placés sous la responsabilité du service d’eau. Elles ne signifient donc pas que toute consommation anormale relevée chez un abonné vient du réseau public. Une fuite peut également se trouver après le compteur, sur une conduite privée ou un équipement du logement.
Un risque lié au chlorure de vinyle monomère
La question ne se limite pas au volume d’eau perdu. Un quart des 287 kilomètres de canalisations est présenté comme pouvant exposer les usagers au chlorure de vinyle monomère. Un prélèvement réalisé par l’Agence régionale de santé a révélé un dépassement de la limite de qualité applicable à ce composé.
Après le rapport préliminaire, l’agglomération et l’Agence régionale de santé ont engagé une analyse globale de l’eau. Elle est toujours en cours. L’apparence de l’eau ne suffit pas à établir sa qualité : les résultats et les consignes du service d’eau et des autorités sanitaires restent les références à suivre.
Un changement inhabituel de couleur, d’odeur ou de goût doit néanmoins être signalé. Pour faciliter le traitement du signalement, mieux vaut noter l’adresse précise, l’heure d’apparition, la durée du phénomène et les robinets concernés. Il peut aussi être utile de demander aux voisins s’ils observent la même anomalie. Lorsque plusieurs logements sont touchés au même moment, l’origine collective devient plus vraisemblable.
Réseau public ou fuite après compteur : comment faire la différence ?
Une baisse de pression dans plusieurs habitations, un écoulement sur la voie publique ou une anomalie de l’eau constatée par différents abonnés orientent vers le réseau collectif. Dans ce cas, le service d’eau est le premier interlocuteur. À l’inverse, un compteur qui continue d’enregistrer une consommation alors que tout est fermé suggère un défaut sur l’installation privée.
Le contrôle peut commencer simplement. Il faut fermer tous les robinets et interrompre temporairement les équipements qui consomment de l’eau : lave-linge, lave-vaisselle, chasse d’eau, arrosage ou remplissage automatique. Après avoir relevé précisément l’index du compteur, aucune eau ne doit être utilisée pendant un moment. Un second relevé permet alors de vérifier si l’index a bougé. Si c’est le cas, une fuite après compteur est probable.
D’autres indices peuvent compléter ce test :
- une chasse d’eau coule en continu, même de manière discrète ;
- une zone reste humide sur un mur, un plafond, un sol ou au pied d’une cloison ;
- un regard extérieur contient de l’eau sans cause apparente ;
- la pression varie sur un ou plusieurs points de puisage ;
- le problème concerne un immeuble et peut se situer dans une partie commune ou privative.
Si l’écoulement paraît se trouver avant le compteur ou juste à côté de celui-ci, il est préférable de prévenir le service d’eau avant de faire intervenir une entreprise. Lorsque la fuite se situe après compteur, un plombier-chauffagiste dans le Gard peut en rechercher l’origine et déterminer la réparation nécessaire.
Les contrôles à demander sur l’installation privée
Une inspection ne doit pas s’arrêter au premier robinet qui goutte. Le professionnel peut vérifier les raccords, les vannes, les flexibles, les siphons, les alimentations des appareils et les canalisations apparentes. Il examine également les conduites passant dans les combles, les doublages ou les planchers lorsqu’elles sont accessibles. Traces de corrosion, dépôts, auréoles et variations de pression permettent de resserrer la recherche.
Quand aucun écoulement n’est visible, une recherche non destructive peut aider à localiser la zone en cause sans ouvrir les murs ou les sols au hasard. La méthode dépend de la configuration des lieux et de l’installation. Une recherche et réparation de fuite d’eau dans le Gard doit ainsi préciser la canalisation ou l’équipement suspecté, les accès nécessaires et l’étendue de la remise en état.
Avant d’accepter les travaux, quelques points méritent d’être clarifiés : la fuite est-elle bien située après le compteur ? La réparation peut-elle rester localisée ? Une portion de conduite doit-elle être déposée ? Le contrôle de l’étanchéité et un nouveau relevé du compteur sont-ils prévus une fois l’intervention terminée ?
Lorsque plusieurs défauts touchent une même tuyauterie, réparer successivement chaque point n’est pas forcément la solution la plus adaptée. Le remplacement de tuyauterie et de canalisations peut être étudié, en distinguant clairement les conduites privées des ouvrages appartenant au réseau public.
Préparer l’intervention à Bagnols-sur-Cèze et dans les communes voisines
Avant le rendez-vous, il est utile de rassembler les relevés du compteur, de photographier les traces d’humidité et de noter les équipements utilisés avant l’apparition du problème. Il faut également préciser si la fuite est visible, si l’écoulement est toujours actif et si des dégâts sont déjà constatés. Lorsque cela peut être fait sans danger, fermer l’arrivée d’eau limite l’aggravation de la situation.
Les habitants de Bagnols-sur-Cèze et des communes voisines peuvent consulter les plombiers-chauffagistes en Languedoc-Roussillon. Le professionnel choisi doit pouvoir expliquer sa méthode, délimiter la zone à réparer et détailler les opérations proposées.
Son intervention reste toutefois limitée à l’installation privée. Une anomalie touchant plusieurs abonnés, la chaussée, le compteur ou la qualité de l’eau distribuée relève du service d’eau et, pour le contrôle sanitaire, des autorités compétentes.
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