Les fortes pluies tombées entre le lundi 19 et le mardi 20 octobre 2026 ont provoqué des inondations dans plusieurs communes des Bouches-du-Rhône. Saint-Chamas, Martigues, La Mède, Istres et Saint-Mitre-les-Remparts comptent parmi les secteurs touchés. À Saint-Chamas, entre plus de 210 et 230 mm de pluie ont été signalés en vingt-quatre heures, dont 180 mm entre 3 heures et 6 heures. Arles a enregistré 160 mm sur la même durée.
Une personne a été retrouvée morte mardi matin à Saint-Mitre-les-Remparts, un décès confirmé par les pompiers. Les commerces de la zone d’activité Étang Est ont fermé, tandis que des quartiers de Martigues et le secteur de La Mède ont été inondés. Des gymnases ont été ouverts à Istres et Port-de-Bouc pour accueillir les personnes touchées. Plusieurs équipements municipaux, crèches et centres de loisirs ont également gardé leurs portes closes.
La circulation est restée très difficile. L’A55 a été coupée après un éboulement et inondée près de La Mède dans le sens Marseille-Martigues. D’autres axes ont été neutralisés ou rendus impraticables autour de Saint-Chamas, Istres et Arles, ainsi que sur la RN568, la RN113 et certaines bretelles des A7 et A51. Le trafic TER a par ailleurs été interrompu entre Marseille et Miramas. Les pompiers ont demandé de différer les déplacements et de ne pas emprunter les voies submergées, consigne également relayée par la préfecture pour les trajets routiers.
À quel moment peut-on rentrer dans un local inondé ?
Le retrait de l’eau ne signifie pas que le danger a disparu. Avant de rentrer, il faut pouvoir atteindre le bâtiment sans traverser une zone submergée et vérifier, depuis un endroit sûr, que rien ne menace de tomber ou de céder. Un sol glissant, une cloison gonflée, un plafond déformé ou une porte soudainement bloquée doivent inciter à interrompre la visite.
L’électricité constitue l’autre point de vigilance immédiat. Il ne faut pas avancer dans l’eau si des prises, câbles ou appareils peuvent encore être alimentés. De même, le tableau électrique ne doit pas être manipulé lorsqu’il se trouve dans une pièce humide ou lorsqu’il faut traverser l’eau pour l’atteindre.
Un premier repérage visuel permet de relever les signes qui justifient un contrôle avant tout nettoyage approfondi :
- une odeur de brûlé, des crépitements ou des marques noires près d’une prise ;
- un mur déformé, une cloison gonflée ou un plafond qui s’affaisse ;
- des fissures apparues après l’inondation ou une ouverture devenue difficile à manœuvrer ;
- des branches, éléments de toiture ou équipements susceptibles de tomber ;
- une chaudière, un chauffe-eau, une pompe ou un appareil partiellement immergé.
En présence de l’un de ces indices, mieux vaut ne pas poursuivre. Les lieux doivent être examinés avant que des objets soient déplacés ou que les premiers travaux commencent.
Pourquoi la remise sous tension doit attendre
L’eau peut pénétrer dans les prises basses, les boîtes de dérivation, les gaines, les rallonges et les appareils. Le problème n’est pas toujours visible : une surface essuyée peut cacher de l’humidité ou des dépôts à l’intérieur d’un équipement. Rétablir le courant trop tôt expose alors à une électrisation, un court-circuit ou un échauffement.
L’intervention d’un électricien permet de déterminer quels circuits ont été atteints et quels éléments peuvent être conservés, séchés, réparés ou doivent être remplacés. Le contrôle porte notamment sur le tableau, les protections, les prises, les interrupteurs et les équipements raccordés. Des mesures sont nécessaires pour détecter les défauts qui échappent à l’examen visuel.
Selon l’étendue des dégâts, certaines parties du bâtiment peuvent rester isolées tandis que les zones vérifiées sont remises en service progressivement. Un diagnostic électrique en Provence-Alpes-Côte d’Azur permet d’établir cet état des lieux. Si des anomalies sont constatées, la mise en sécurité de l’installation électrique doit intervenir avant le retour à un usage normal.
Photographier les traces avant qu’elles disparaissent
Une fois l’eau retirée, il reste à comprendre son parcours. Elle peut être passée sous une porte, être remontée par un point bas ou avoir traversé un joint, une façade ou une faiblesse de toiture. Sur une terrasse, elle peut aussi circuler sous un revêtement avant de devenir visible plus loin. L’auréole intérieure ne désigne donc pas nécessairement l’endroit exact où l’eau est entrée.
Avant de laver les murs ou de déposer les revêtements, il est utile de photographier les hauteurs atteintes, les coulures, les auréoles et les zones décollées. Les pièces touchées et l’évolution des marques peuvent également être notées. Si une trace continue de s’étendre après la décrue, elle peut révéler une infiltration toujours active ou de l’humidité retenue dans la paroi.
Ces indices guideront l’examen d’un étancheur. Celui-ci recherchera le défaut au niveau des raccords de toiture, des relevés de terrasse, des joints, des évacuations, des traversées de paroi ou des fissures. Repeindre une marque sans traiter l’entrée d’eau ne ferait que dissimuler provisoirement le problème.
Nettoyer et sécher dans le bon ordre
Lorsque l’accès est sûr et les dégâts photographiés, l’eau résiduelle peut être évacuée. Les pompes, ventilateurs et déshumidificateurs électriques ne doivent toutefois fonctionner que sur une alimentation contrôlée. Cette précaution vaut aussi pour les rallonges et les prises utilisées pendant le chantier.
Les matériaux poreux réclament une attention particulière. Plinthes, isolants, doublages, bois aggloméré et plaques de plâtre peuvent retenir l’humidité alors que leur surface semble déjà sèche. Les déposer sans examen préalable risque cependant d’endommager des parties encore récupérables et de supprimer des traces utiles pour localiser l’infiltration.
L’ordre des opérations compte : sécuriser l’électricité, rechercher les entrées d’eau, retirer les éléments qui ne peuvent pas sécher correctement, puis ventiler et déshumidifier. Les peintures, enduits et revêtements de sol ne viennent qu’ensuite, lorsque les supports ne présentent plus d’humidité anormale.
Préparer la visite des professionnels
Pour faciliter le premier échange, il faut préciser la hauteur maximale atteinte par l’eau, les pièces concernées, l’emplacement du tableau électrique et la liste des appareils immergés. Des photographies d’ensemble et de détail permettront au professionnel de mieux préparer son intervention.
À Arles et dans les communes voisines, la recherche peut être orientée vers un électricien à Arles. Lors de la prise de contact, il convient de demander si l’intervention comprend le contrôle des circuits touchés, l’identification des éléments à remplacer et les conditions d’une remise sous tension progressive.
Pour une infiltration, il faut indiquer si les traces sont apparues pendant l’orage, après son passage ou au moment de la décrue, ainsi que les façades, terrasses ou toitures concernées. Après une inondation, rendre les lieux présentables peut attendre : la priorité reste de supprimer les risques et de traiter durablement les passages d’eau.
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