Le dépôt des tontes de pelouse, des feuilles mortes, des fruits tombés ou abîmés et des bogues de châtaignes ne sera plus gratuit dans les déchèteries du Syded de Haute-Vienne à compter du 1er janvier 2027. Ces végétaux continueront d’être acceptés, mais leur prise en charge sera facturée au mètre cube. Le montant doit être fixé en novembre 2026.
Les apports mélangés contenant des matières interdites sont également concernés. D’ici novembre, des agents informent les usagers dans les déchèteries, notamment à Ambazac. Des actions de sensibilisation présentent les solutions permettant de traiter davantage de végétaux à domicile, principalement par compostage ou paillage.
Pour les particuliers, l’enjeu est concret : comment éviter que les sacs s’accumulent après une tonte ou lors de la chute des feuilles ? Il ne s’agit pas de déplacer le problème par le brûlage ou le dépôt sauvage, mais de revoir quelques habitudes pour conserver au jardin une matière qui peut souvent y être réutilisée.
Des végétaux lourds à transporter et à gérer
Le Syded, chargé de la réduction et de la valorisation des déchets en Haute-Vienne, cherche à limiter les volumes acheminés vers ses déchèteries. En 2025, celles-ci ont reçu 10 320 tonnes de végétaux, soit plus du quart de l’ensemble des apports enregistrés durant l’année.
Leur gestion représente un coût annuel annoncé de 1,9 million d’euros. Le transport pèse notamment dans cette dépense : les végétaux quittent les jardins pour être chargés, déplacés puis pris en charge, alors qu’une partie peut rester sur le terrain où elle a été produite. Le Syded fait déjà état de 7 000 tonnes de déchets en moins depuis la limitation des apports engagée en 2020.
À Ambazac, les avis recueillis auprès des habitants sont partagés. Certains envisagent le compostage ou le paillage, tandis que d’autres jugent difficile de gérer chez eux les quantités produites. La taille du terrain, le nombre d’arbres, l’organisation du jardin et le temps disponible changent en effet la donne.
Tondre sans remplir systématiquement les sacs
La pelouse constitue un premier levier. Lorsque l’herbe n’est pas trop haute, une tondeuse capable de broyer finement les brins peut les redéposer directement sur le sol. Cette pratique, souvent appelée mulching, évite le ramassage et permet de laisser la matière organique sur place. Elle suppose toutefois d’adapter les passages à la vitesse de pousse, plutôt que d’attendre que l’herbe soit devenue trop longue.
Lorsque le ramassage reste nécessaire, les tontes peuvent rejoindre le compost en quantités maîtrisées. Un gros amas de gazon frais se compacte rapidement et s’aère mal. Le mélange avec des matières plus sèches, notamment les feuilles conservées à l’automne, aide à équilibrer le tas. Un brassage régulier évite également que la matière ne se tasse.
Une partie des tontes peut aussi sécher légèrement avant d’être répartie en couche fine au pied des plantations, sans être collée contre les tiges. Selon la configuration du terrain, un professionnel de la tonte de pelouse peut ajuster la hauteur de coupe, la fréquence des passages et la part d’herbe laissée sur place.
Faire des feuilles et des fruits une ressource
À l’automne, feuilles et fruits arrivent souvent en même temps. Les feuilles doivent être retirées des allées lorsqu’elles gênent le passage, mais elles n’ont pas nécessairement besoin de quitter le jardin. Broyées ou fragmentées, elles prennent moins de place et se répartissent plus facilement au pied des haies et dans les massifs. Elles peuvent aussi être gardées en réserve pour être incorporées progressivement au compost.
Les fruits tombés ou abîmés gagnent, eux, à être ramassés régulièrement. Accumulés seuls en tas compact, ils sont plus difficiles à gérer. Leur mélange avec des feuilles sèches ou d’autres matières aérées facilite leur intégration au compost. Les bogues de châtaignes doivent être manipulées avec précaution en raison de leurs piquants et peuvent être isolées dès le ramassage plutôt que mêlées sans tri aux autres résidus.
Quelques gestes simples permettent d’absorber plus facilement les apports saisonniers :
- Prévoir une réserve de feuilles sèches afin de les ajouter progressivement aux tontes et aux fruits dans le compost.
- Fragmenter les feuilles avant de les utiliser en paillage, pour réduire leur volume et mieux les répartir.
- Aérer le compost dès qu’il se tasse et maintenir une humidité régulière, sans le détremper.
- Dégager le pied des plantes lors de la mise en place du paillage, au lieu d’entasser la matière contre les tiges.
Cette organisation évite de devoir traiter tout le volume en une seule fois. Elle permet surtout d’utiliser les matières au moment où le jardin en a besoin.
Adapter l’entretien du jardin aux saisons
La réduction des dépôts commence bien avant le trajet en déchèterie. Au printemps, un espace de compostage accessible peut accueillir les premières tontes. Pendant les périodes de forte pousse, des passages mieux répartis limitent les gros volumes d’herbe humide, plus difficiles à conserver ou à réutiliser.
En été, lorsque la croissance ralentit, une coupe moins rase évite de multiplier les interventions. À l’automne, le ramassage peut être organisé par zones : les feuilles sont retirées en priorité des allées, conservées ou redistribuées dans les massifs, tandis que les fruits sont collectés avant de former une couche épaisse.
Cette gestion fait partie intégrante de l’entretien de jardin. Un emplacement pratique pour le compost, une réserve de matières sèches et des zones où les feuilles peuvent rester simplifient les gestes. Il devient alors plus facile de distinguer ce qui peut être broyé, composté ou utilisé en paillage de ce qui devra réellement être évacué.
Faire intervenir un paysagiste sans évacuation systématique
Sur un grand terrain, dans un jardin très arboré ou autour d’une résidence secondaire, le volume saisonnier peut dépasser les capacités d’un composteur familial. L’intervention d’un paysagiste peut alors être organisée autour de la réduction à la source, plutôt que du seul ramassage : tonte broyée, séparation des feuilles, constitution d’une réserve sèche et paillage des massifs.
Avant de demander un devis, mieux vaut préciser la surface de pelouse, le nombre d’arbres, l’accès au terrain et les périodes où les volumes sont les plus importants. Il est également utile de demander quelle part des tontes restera sur place, comment les feuilles seront réemployées et quel volume devra encore être transporté. Le devis peut distinguer la tonte, le ramassage saisonnier, l’entretien des massifs et l’évacuation résiduelle.
Un jardin enclavé ou en pente ne s’organise pas comme une parcelle facile d’accès. De même, la quantité de feuilles produite en quelques semaines peut compter davantage que la superficie totale. Les habitants qui souhaitent revoir leur organisation avant janvier 2027 peuvent rechercher un paysagiste en Haute-Vienne. L’objectif n’est pas de tout conserver à tout prix, mais de réduire les sacs et les trajets en donnant une utilité sur place au plus grand volume possible.



